Quand l’amateurisme met en péril l’industrie musicale camerounaise

Le métier de promoteur de spectacle est une tâche exigeante qui ne s’accommode ni du hasard, ni de l’improvisation. Pourtant, dans le paysage musical camerounais, il n’est pas rare de voir émerger des individus qui, sans expertise réelle, s’autoproclament promoteurs de concerts. L’exemple récent de Patrick Allonso illustre à merveille cette tendance nuisible.

Un métier, pas un hobby

Un véritable promoteur de spectacle doit être capable de gérer une production de A à Z, depuis le financement, la logistique et la billetterie jusqu’à la communication et la gestion des imprévus. Or, certains individus pensent qu’il suffit d’avoir quelques contacts dans son téléphone pour prétendre organiser une tournée d’un artiste de renom. Erreur monumentale.

Patrick Allonso, qui s’est lancé dans l’organisation de spectacles, semble incarner cet amateurisme criant. Son approche relève davantage de l’improvisation que d’une gestion professionnelle. On le voit plus actif sur les réseaux sociaux que dans la gestion concrète des événements, multipliant les annonces tapageuses sans réelle assise logistique.

L’artiste est un prestataire, pas un bénévole

Un point fondamental que les pseudo-promoteurs comme Patrick Allonso semblent ignorer, c’est que l’artiste est un prestataire de service. Il ne monte pas sur scène pour le plaisir du promoteur, mais bien en échange d’un cachet dûment négocié.

Un véritable promoteur :
Signe un contrat clair avec l’artiste, détaillant ses engagements (cachet, transport, hébergement, promotion).
Prévient les risques financiers en assurant un paiement sécurisé à l’artiste.
Respecte les termes du contrat, au lieu d’espérer que l’artiste accepte de performer gratuitement sous prétexte de « visibilité ».

Trop souvent, les artistes camerounais se retrouvent à réclamer leur cachet après un concert, victimes de promoteurs peu scrupuleux qui disparaissent après avoir encaissé la billetterie. Ce manque de sérieux ternit l’image du show-business camerounais et pousse certains artistes à refuser les concerts locaux au profit de scènes internationales mieux organisées.

Les conséquences sur les artistes camerounais

Face à l’incompétence et au manque de sérieux de certains promoteurs, les artistes camerounais se retrouvent contraints de faire eux-mêmes la promotion de leurs concerts. Une tâche qui devrait normalement être assurée par un professionnel aguerri, mais qui leur incombe à cause de l’irresponsabilité ambiante. Cela se traduit souvent par des concerts mal organisés, des salles à moitié vides et des cachets impayés.

Plus grave encore, certains « promoteurs » font faux bond aux artistes, incapables de tenir leurs engagements financiers et logistiques. Résultat ? Des tournées avortées, des artistes en galère, et une image ternie de l’industrie musicale camerounaise à l’international.

Une tournée ne s’improvise pas

Organiser une tournée pour un artiste de renom est un travail titanesque qui nécessite une planification rigoureuse et une connaissance approfondie du marché. Un promoteur digne de ce nom doit :
Assurer un budget réaliste et sécurisé (billetterie, sponsors, cachets, logistique).
Négocier des partenariats solides pour la promotion et la vente de billets.
Maîtriser la gestion des risques pour éviter tout imprévu fatal.
Travailler en collaboration avec des professionnels qualifiés (managers, techniciens, communicants).

Or, Patrick Allonso semble croire qu’il suffit de faire quelques stories sur TikTok et Facebook pour monter un événement réussi.

Un métier à professionnaliser d’urgence

Le cas Patrick Allonso n’est que la partie visible d’un iceberg bien plus profond. L’industrie musicale camerounaise suffoque sous l’amateurisme et l’opportunisme de pseudo-promoteurs qui, par leur incompétence, mettent en péril l’avenir des artistes et du spectacle vivant.

Il est urgent que les artistes cessent de confier leurs carrières à des marchands d’illusions et exigent des garanties contractuelles solides avant de s’associer à un promoteur. De même, le public doit apprendre à faire la différence entre un événement professionnel et un coup de communication mal ficelé.

Le spectacle est un art. Son organisation, un métier.
Et on ne s’improvise pas promoteur de spectacle.

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