Derrière l’appel à l’unité, une manœuvre politique déguisée ?
Dans une séquence tendue du football camerounais, où la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et le ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP) se livraient une guerre froide à peine voilée, une voix a surgi, inattendue mais puissante : celle des Lions Indomptables. Une lettre ouverte, portée par les joueurs, appelait à l’apaisement, à la cohésion et à la stabilité autour de la sélection nationale. Un geste rare, salué dans la forme… mais largement questionné sur le fond.
Car au-delà des belles phrases et de l’allure solennelle du texte, une question persiste, lourde de sous-entendus : qui a réellement rédigé cette lettre ? Et surtout, à quelles fins ?
Une lettre trop bien calibrée
Le texte en question, signé collectivement par les joueurs, appelait les parties en conflit à « faire preuve de responsabilité », exprimait un soutien clair au staff technique (nommé par le MINSEP), et soulignait la nécessité de laisser les Lions « travailler dans un climat serein ». Aucun mot mal choisi, aucun débordement — une lettre propre, presque diplomatique. Trop diplomatique ?
Des experts en communication politique y ont vu la main de plumes plus habituées aux couloirs ministériels qu’aux vestiaires de football. Certains termes, comme « responsabilité institutionnelle » ou « environnement de performance » semblent sortis tout droit d’un cabinet de ministre plutôt que de la bouche d’un joueur.
Le rôle trouble du MINSEP
Le soutien affiché au staff technique, que la FECAFOOT contestait, a été perçu comme un alignement implicite sur la position du ministère. De là à penser que le MINSEP a soufflé le texte, il n’y a qu’un pas… que plusieurs analystes franchissent sans hésiter. Pour ces derniers, le ministère aurait saisi l’opportunité de légitimer ses nominations en utilisant l’adhésion des joueurs comme une forme de plébiscite.
- 🦁 Cameroun – Vers un onze de guerriers pour décrocher le billet du Mondial 2026

- 📰 Calvin Cordozar Broadus Jr; Snoop Dogg : De Long Beach à icône mondiale du hip-hop

En clair : une manœuvre bien pensée, qui utilise le visage uni de l’équipe nationale comme un bouclier contre les critiques, tout en affaiblissant l’autorité de Samuel Eto’o et de la FECAFOOT.
André Onana, l’ombre dans la lumière
Mais l’autre nom qui revient avec insistance est celui d’André Onana, le gardien de but de Manchester United. Ses relations houleuses avec le président de la FECAFOOT ne sont un secret pour personne. Son retrait de la Coupe du Monde 2022 après un clash avec Rigobert Song, sa suspension, puis son retour… tout indique une tension personnelle non résolue.
Pour plusieurs sources proches de la sélection, Onana aurait joué un rôle déterminant dans l’élaboration ou la promotion de cette lettre. Objectif : régler ses comptes avec Samuel Eto’o, en profitant d’un contexte tendu pour affaiblir la fédération et se repositionner dans la hiérarchie symbolique des Lions.

Un texte pernicieux et partisan, déguisé en appel à l’unité
Au-delà de sa tonalité pacifiste, la lettre des Lions Indomptables s’avère profondément orientée et politiquement instrumentalisée. Le paragraphe suivant est révélateur :
« Nous réitérons notre soutien indéfectible à notre sélectionneur et à son staff technique, en qui nous avons une confiance totale. (…) Nous souhaitons ici interpeller la Fédération camerounaise de football. »
Sous couvert d’un plaidoyer pour la stabilité, les joueurs affirment unilatéralement leur loyauté à Marc Brys, l’entraîneur imposé par le ministère, sans consultation légitime de la FECAFOOT. Le ton devient accusatoire envers la fédération, comme si la seule source de perturbation venait de cette dernière, alors même qu’elle est statutairement garante de la sélection selon les règlements de la FIFA.
Ce glissement sémantique est subtil mais stratégique : d’un soutien apparemment neutre, le texte évolue vers une mise en accusation directe de la FECAFOOT, tout en érigeant Marc Brys et son staff – nommés par le MINSEP – en figures incontestables de stabilité et de compétence.
Une lettre pernicieuse, car faussement équilibrée
Le plus dangereux dans ce texte n’est pas ce qu’il dit, mais ce qu’il dissimule habilement. Il se présente comme un appel à la paix, alors qu’il agit comme un plaidoyer camouflé pour le camp ministériel.
En dénonçant des « tensions inutiles » et en appelant la FECAFOOT à « garantir un environnement propice », les signataires déplacent habilement la responsabilité du chaos vers Samuel Eto’o et son équipe. Or, le vrai point de rupture fut l’imposition unilatérale de Marc Brys par le MINSEP, en violation des procédures reconnues.
Ce faisant, les joueurs deviennent – volontairement ou non – les instruments d’une opération politique soigneusement déguisée.

Un appel à la paix qui entretien la discorde
Cette lettre des Lions Indomptables n’est pas simplement un cri de cœur de joueurs fatigués. C’est un texte pernicieux, subtilement rédigé pour donner une apparence d’équilibre tout en soutenant ouvertement le camp du MINSEP et en sapant l’autorité de la FECAFOOT.
En validant un entraîneur contesté, en désignant implicitement un fautif unique, et en éludant toute critique du ministère, cette lettre ne fait pas l’unité. Elle prend parti. Et ce parti pris, maquillé en neutralité, est peut-être la forme la plus dangereuse de désinformation dans le football camerounais contemporain. Pauvre Lions Indomptables, pauvre Cameroun… Nous méritons tellement mieux.
#LLV – #LaLegendeContinue
Lions Indomptables, lettre des Lions, FECAFOOT, MINSEP, Samuel Eto’o, André Onana, Marc Brys, crise football camerounais, Fédération camerounaise de football, ministère des Sports Cameroun, conflit FECAFOOT MINSEP, sélection nationale Cameroun, manipulation politique football, lettre ouverte Lions, guerre de pouvoir football Cameroun, soutien Marc Brys, désinformation football Cameroun, tension FECAFOOT ministère, staff technique sélection Cameroun, politique et sport Cameroun.





Laisser un commentaire